Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir avec nous la grande épopée de l’horlogerie, de ses débuts en 1500 avant Jésus Christ à aujourd’hui. Quels ont été les différents instruments utilisés pour mesurer le temps ? Quand la première montre est-elle apparue ? Et les premiers horlogers ? Tant de questions auxquelles nous allons répondre dans les articles à venir.

Le cadran solaire est le premier outil innovant qui servit à mesurer le temps. Découvrez le récit de sa création et de son évolution.

Avant le cadran solaire : le gnomon

Les Hommes cherchèrent très vite un moyen précis de mesurer le temps qui passe afin d’organiser au mieux les journées, les cultures, la vie en communauté.

Avant le cadran solaire, il y eut le gnomon. Cet outil, créé par les Babyloniens, mais aussi retrouvé en Chine et chez les Incas, servit de base au cadran solaire. Il reposait sur l’emploi d’un bâton planté droit dans le sol et dont l’ombre était projetée grâce à la lumière solaire.  D’ailleurs, c’est du gnomon que vient le nom de la science des cadrans solaires : la gnomonique.

C’est probablement en Égypte ou en Mésopotamie que le cadran solaire fut inventé, sur la base du gnomon. Tout d’abord, les Égyptiens commencèrent par diviser la nuit puis le jour en douze décans. Mais les « heures » qui découlaient de cette méthode n’étaient pas égales, la nuit et le jour variant selon les saisons.

Le premier cadran solaire : le scaphé

Le premier cadran solaire dont subsista des récits est celui de l’astronome chaldéen Bérose, vers 300 avant Jésus Christ. Cet ancêtre du cadran solaire fut nommé le scaphé, ce qui signifie « barque ». Il était constitué d’une demi-sphère creuse avec un gnomon placé en son centre, et dont l’ombre portée par la lumière solaire indiquait les heures. Sa forme est non sans rappeler celle de nos montres actuelles, sphériques avec des aiguilles en leur centre.

 Un scaphé, une demi-sphère creuse avec en son centre, un gnomon | Crédit photo : Hartmann Linge

Un scaphé, une demi-sphère creuse avec en son centre, un gnomon | Crédit photo : Hartmann Linge

L’évolution du cadran solaire

Une utilisation religieuse

Encore imprécis, le cadran solaire commence malgré tout à être utilisé dans de nombreux endroits.

L’Église, notamment, se l’approprie et s’en sert dès le VIIème siècle pour définir l’heure des offices religieux et des actes liturgiques. Ces cadrans, placés à la verticale sur les façades des bâtiments religieux, sont appelés cadrans canoniaux. Ils ne donnent pas d’heure à proprement parler, mais définissent les moments des différents évènements de la vie religieuse.

Un cadran canonial | Crédit photo : Didier Benoït

Un cadran canonial | Crédit photo : Didier Benoït

Au XVème siècle, le cadran solaire devient plus précis

C’est avec la découverte de la rotondité de la Terre que le cadran solaire évolue au XVème siècle. Son style (anciennement gnomon) devient incliné afin de prendre en compte l’axe de la Terre selon l’endroit où l’on se trouve, ce qui permet d’afficher des heures plus précises.

Un cadran solaire moderne incliné à Londres

Un cadran solaire moderne et incliné, à Londres

La clepsydre et le sablier, deux outils complémentaires au cadran solaire

Clepsydre datant du Vème siècle avant Jésus Christ

Clepsydre datant du Vème siècle avant Jésus Christ

L’invention de la clepsydre, ou horloge à eau, date d’avant 1400 avant Jésus Christ. Conçue comme le premier « garde-temps », la clepsydre aussi connue sous le nom d’horloge à eau, ne servait pas à donner l’heure mais à mesurer des durées, notamment la durée des discours, afin de donner à chacun le même temps de parole. Son descendant, le sablier s’avéra beaucoup plus précis à cet usage.

Ces deux outils permirent, en associant avec le cadran solaire, de mesurer un peu mieux heures et durées. Nous reparlerons prochainement de la clepsydre qui servit de base aux premières horloges hydrauliques.

Cohabitation avec les horloges

C’est au XVIème siècle que les premières horloges font leur apparition, et bien qu’elles soient bien plus fiables que le cadran solaire, les deux outils continuent à être utilisés de façon complémentaire, pendant un temps, jusqu’à ce que l’horloge, qui peut à la fois mesurer heures et durées, soit la référence universelle d’indication du temps qui passe.

Dans notre prochain article, nous nous intéresserons aux horloges hydrauliques, dont l’invention découle de la clepsydre, et qui sont les ancêtres les plus proches des horloges mécaniques. 

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