Dans l’article précédent de notre dossier Histoire de l’Horlogerie, nous avons abordé la crise horlogère suisse qui se poursuit jusque dans les années 80. A cette époque, tout change : de garde-temps, la montre devient accessoire de mode. Comment s’est opéré cette transformation ?

Les années 80 : la montre devient un accessoire de mode

Au début des années 80, l’industrie horlogère Suisse est au plus bas. Ses parts de marché sont d’environ 15% (contre 83% en 1970).

Des banques décident alors de financer un groupe qui deviendra la Swatch Group. En 1983, sort la fameuse montre emblématique de la marque.

Son marketing repose sur de toutes nouvelles bases : c’est une montre qui se veut abordable et à la mode. Pour ce faire, de nombreux coloris sont disponibles et le plastique entre dans sa composition. Cette nouveauté est un succès, notamment auprès des jeunes acheteurs qui sont les premiers visés par ces montres.

Des concurrents font vite leur apparition. Guess et Fossil se lancent aussi dans la production de montres au prix attractif et au design tendance. L’heure n’est plus à la recherche de bijoux de technologie au mécanisme complexe. Ce qui compte désormais, c’est d’avoir une montre à la dernière mode.

La Swatch permet à la Suisse de sortir la tête de l’eau | Source photo
La Swatch permet à la Suisse de sortir la tête de l’eau | Source photo

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’Horlogerie que l’engouement pour la montre est accessoire. On a vu qu’à ses débuts, la montre bracelet était un accessoire peu précis à destination des femmes et à visée surtout esthétique.

Les grandes maisons de mode créent leurs propres montres

Cette tendance continue dans les années 90. Tout le monde se met à la conception de montre, que ce soit des partenariats ou des créations originales. Les grandes maisons de la mode se prêtent toutes à l’exercice. Mais à la différence de Swatch, elles font des montres haut de gamme qui s’apparentent plus à des bijoux.

Les montres, désormais produites en grand nombre et à la portée de tous, créent une concurrence parfois rude pour les créateurs traditionnels.

Seiko fait partie des grands perdants de la décennie. Le cours du yen lui est défavorable, et les montres à quartz perdent de l’attrait.

Parallèlement à cela, le secteur de l’horlogerie mécanique continue à innover en faisant de la recherche. A l’an 2000, on constate un intérêt renouvelé pour les montres mécaniques. Pourquoi ?

Les montres mécaniques retrouvent leurs lettres de noblesse

Les montres mécaniques, pleines d’histoire et fortes de rouages complexes et solides, suscitent à nouveau l’intérêt. Tout d’abord auprès d’un petit nombre de collectionneurs qui parcourent les ventes d’enchère à la recherche de perles rares anciennes.

Précieuses, résistantes au temps, elles sont désormais vues comme de véritables objets de collection.

A l’ère où beaucoup troquent leur montre contre le téléphone portable, ce n’est guère étonnant. Bien qu’elles soient de formidables garde-temps, elles ne sont plus les seuls instruments qui peuvent donner l’heure de manière précise. Avec la démocratisation du téléphone mobile et du smartphone, la plupart des gens disposent d’une montre, d’un chronomètre, d’une boussole intégrée.

Riches d’histoire, gardiennes de notre patrimoine, les montres mécaniques sont aujourd’hui grandement recherchées.  Plus qu’un accessoire de mode, plus qu’un bijou, elles sont le témoin d’une recherche effrénée sur la mesure du temps, au travers des époques.

 Photo : Montre squelette de poignet mécanique Maison Bianchi
Photo : Montre squelette de poignet mécanique Maison Bianchi