Bien qu’il ne fasse pas partie des pierres précieuses, le jade est une pierre convoitée et appréciée dans de nombreuses cultures depuis près de huit millénaires.

Pendant longtemps, on associait le nom de jade à des pierres similaires en apparence. Ce n’est qu’au XIXème siècle que le minéralogiste français Alexis Damour établit qu’il existe en réalité trois minéraux qui répondent à cette appellation, aux caractéristiques bien distinctes.

La jadéite : le plus précieux des jades

Le premier est ainsi nommé jadéite. Cette espèce minérale appartient à la famille des silicates et plus précisément au groupe des pyroxènes.

C’est le jade le plus précieux, le plus dense et le plus rare. Originellement transparent, blanc ou gris, il doit ses teintes et son opacité aux impuretés qui le composent la plupart du temps. Ainsi, selon la teneur en fer, titane, manganèse ou chrome qu’il contient, sa teinte la plus fréquente est une nuance de vert plus ou moins soutenue. La jadéite peut aussi prendre une teinte plus chaude : rose, pourpre, orangé…

Sa densité et sa dureté en font le plus robustes des jades : il se situe entre 6 et 7 sur l’échelle de Mohs.

On retrouve des traces de son utilisation dès la période Néolithique en Europe mais aussi en Asie, notamment en Chine. Aujourd’hui les principaux gisements se trouvent au Myanmar et au Guatemala.

La jadéite : le plus précieux des jades
Photo par Lent de The Guennol Collection – Brooklyn Museum

La néphrite : une toute autre variété de pierre

Plus abondante que la jadéité, la néphrite fait partie des amphiboles et plus précisément des actinotes. Composée en majorité de calcium et de magnésium, elle se distingue par sa couleur le plus souvent blanche et laiteuse.

On trouve aussi des néphrites jaune pâle ou brune à grises, appelées respectivement jade gras de mouton et os de poulet en Chine.

D’une dureté de 6 à 6,5 sur l’échelle de Mohs, elle est moins robuste que la jadéite mais reste tout de même suffisamment solide pour la création d’outils, bijoux ou ornements. Ainsi, elle abonde dans la culture chinoise depuis près de 8000 ans, mais aussi chez les Maoris de Nouvelle-Zélande. Actuellement, les principaux gisements se trouvent au Canada, en Colombie Britannique.

La néphrite : une toute autre variété de pierre
Par Piotr Sosnowski – Own work, CC BY-SA 4.0

Le kosmochlor, le jade venu des cieux

Le kosmochlor est le plus rare des jades. Sa composition proche de la jadéite fait qu’il appartient également à la famille des silicates et au groupe des pyroxènes.

Selon sa teneur en impuretés et leur nature, il prend une belle teinte vert émeraude plus ou moins soutenue.

D’une dureté de 6, c’est le jade le moins résistant. Il fascine pourtant de par sa beauté et sa provenance. Le gisement producteur des spécimens les plus impressionnants se trouve en effet à Jiquilpilco au Mexique, siège de la chute de la météorite de Toluca. Le kosmochlor vient donc de l’espace, c’est d’ailleurs pour cela qu’on opte pour ce nom pour la pierre, d’après l’allemand cosmique (kosmischle). Chlor provient du grec khlôros qui désigne la couleur verte.

D’autres gisements ont été rapportés : en Birmanie, aux États-Unis ou encore en Italie. On retrouve d’ailleurs le kosmochlor dans la composition du jade birman.

Le kosmochlor, le jade venu des cieux
Adobe Stock

Le jade, plus de 8000 ans d’histoire

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